La
garantie de parfait achèvement.
De même, les constructeurs
et entrepreneurs doivent
à leurs clients
une garantie de parfait
achèvement qui
courre pendant un an à
compter de la date de
la réception des
travaux.
Pendant cette période,
le propriétaire
peut encore signaler au
constructeur ou à
l’entrepreneur les
anomalies de leur fait
ou du fait de leurs sous-traitants
et en demander la réparation.
La
garantie de parfait achèvement
est "d’ordre
public". Toute clause
d’un contrat qui
tendrait à exclure
cette garantie ou à
en limiter sa portée
serait non valable.
La
garantie de parfait achèvement
couvre les dommages ayant
fait l’objet de
réserves lors de
la réception, qu’ils
soient dûs à
une malfaçon (travaux
mal réalisés)
ou bien à une non
conformité (travaux
non exécutés
selon la demande).
Les désordres qui
n’ont pas été
signalés lors de
la réception des
travaux ne sont pas garantis
hormis pour les défauts
d’isolation phonique.
Après
constatation des désordres,
les délais nécessaires
à l’exécution
des travaux nécessaires
sont fixés d’un
commun accord entre vous
et le constructeur/entrepreneur.
Lorsque ce dernier refuse
de donner son accord ou
n’a pas exécuté
les travaux dans le délai,
envoyez une lettre de
mise en demeure (recommandée
+ AR).
Après
l’expiration du
délai de mise en
demeure, les travaux peuvent
être commandés
auprès d’une
autre entreprise selon
l’article 1792-6
alinéa 4 du code
civil.
Ces travaux seront financés
part les 5% du prix de
la construction non encore
payés. Si cette
somme est insuffisante,
l’organisme qui
a octroyé la garantie
de livraison peut être
saisi selon l’article
L.231-6 du code de la
construction et de l’habitation.
Remarque
: en l’absence d’engagement
écrit de l’entrepreneur
de réparer les
désordres, ne faites
pas intervenir une autre
entreprise sans au préalable
avoir assigné en
justice votre constructeur
ou entrepreneur.
A
noter :
Les
désordres relevant
de l’usure normale
ne sont pas garantis.
Pendant cette période
d’un an, cette garantie
ne se substitue pas aux
garanties décennales
et biennales pour les
désordres y afférant.
La garantie biennale
Cette garantie dite de
bon fonctionnement couvre
le mauvais fonctionnement
des équipements
dissociables de la construction
(les biens qui peuvent
êtres démontés
et remontés sans
avoir à "casser"
une partie de la construction)
:
-
mauvais fonctionnement
du système de chauffage
(chaudière, radiateurs),
- décollement des
sols (carrelages, moquettes)
et des revêtements
muraux (faïences,
papiers peints),
- fissures sur cloisons,
- sanitaires, robinetterie
défectueuse,
- dysfonctionnement des
portes, fenêtres,
volets,
...
A défaut d’accord
amiable, vous devez vous
adresser au juge avant
l’expiration du
délai de 2 ans
à compter de la
date de réception
des travaux.
La
garantie décennale
Elle couvre pendant 10
ans les dommages qui compromettent
la solidité de
l’ouvrage ou la
rendent inhabitable (impropre
à sa destination),
même s’il
s’agit d’un
vice du terrain :
-
défaut d’étanchéité
de la toiture,
- défaut d’isolation
thermique entraînant
par exemple des condensations
ou moisissures
- déformation,
fissuration de la charpente,
- fissuration des fondations
ou d’un mur porteur
qui comprennent la solidité
de l’ouvrage,
- affaissement d’un
escalier,
- problèmes de
canalisations d’eau,
- problèmes sur
l’installation électrique,
- infiltrations d’eau
de pluie,
...
En cas de constat de malfaçons
relevant de la garantie
décennale, vous
devez dans les 5 jours
adresser (recommandé
+ AR) une déclaration
de sinistre à votre
assureur (celui de la
Dommage Ouvrage).
Les
désordres liés
aux éléments
d’équipement
de la maison, dès
lors que ceux-ci
-
sont indissociables des
ouvrages de viabilité,
fondations, ossature,
toiture, menuiseries extérieures,
relèvent de la
garantie décennale.
- rendent la maison impropre
à sa destination.
Par exemple :
-
installation de chauffage
au sol défectueuse,
- carrelages dont la pose
détériore
le support,
- décollement d’un
carrelage de façade
dont la chute est dangereuse,
- installation de chauffage
ne permettant pas d’obtenir
une température
suffisante.
- L’Assurance Dommage-Ouvrage
Principe
L’assurance Dommage
Ouvrage est une assurance
de pré-financement.
Elle vous permet d’être
remboursé sans
avoir à attendre
qu’un tribunal se
soit prononcé sur
la responsabilité
de chaque professionnel
!
Son
but est de rembourser
rapidement toutes les
réparations qui
relèvent de la
garantie décennale,
car en cas de sinistre
il est très fréquent
que les divers corps de
métiers ayant participé
à la construction
de votre logement se "rejettent
la balle".
Elle
prend effet au terme de
la garantie de parfait
achèvement (soit
1 an après la date
de la réception
des travaux) et expire
en même temps que
la garantie décennale.
Suite
aux abus effectués
par certains maîtres
d’ouvrages (qui
n’ont pas hésité
à faire appel à
leur assurance pour une
simple fuite de robinet),
le prix de cette assurance
a flambé au cours
de ces dernières
années et de moins
en moins de compagnies
proposent ce produit aux
particuliers. Compter
au minimum 3000 à
4000 Euros (fonction du
prix de la maison).
Couvertures
Idem garantie décennale
(par définition
:)
En
pratique
Si vous êtes une
personne physique construisant
un logement pour l’occuper
elle-même ou le
faire occuper par son
conjoint, ses ascendants
ou descendants ou ceux
de son conjoint, l’assurance
dommage ouvrage n’est
pas obligatoire. Néanmoins,
l’absence de DO
vous expose :
-
à devoir attendre
l’aboutissement
d’un recours contre
les constructeurs pour
obtenir réparation
des dommages ;
- à être
personnellement mis en
cause pendant la durée
de la responsabilité
décennale, si vous
avez revendu votre logement
entre-temps.
Par contre, il convient
de noter que :
-
cette assurance se superpose
à celles des intervenants
- le législateur
laisse clairement aux
particuliers le choix
de ne pas souscrire la
D.O.
- l’absence de D.O.
n’est pas un frein
à la revente dès
lors que vous disposez
des attestations d’assurance
des entreprises, du constructeur
ou de l’architecte.
- L’assurance Dommage
Ouvrage doit être
souscrite avant l’ouverture
du chantier. Commencez
les recherches 3 mois
avant la date d’ouverture
du chantier.
Si
aucun assureur n’a
répondu positivement
à votre demande
de Dommage-Ouvrage dans
les 45 jours (ou a fixé
des prix qui vous semblent
volontairement exhorbitants),
saisissez le bureau central
de tarification de l’assurance
construction (BCTC, 11,
rue de la Rochefoucault,
75424 Paris Cedex 9) en
lui adressant un dossier
complet. Le BCT imposera
un assureur de vous prendre
en charge à un
tarif qu’il aura
fixé.
Certains
entrepreneurs ou constructeurs
peuvent se charger pour
votre compte de souscrire
une "D.O." auprès
de la compagnie qui les
assurent au titre de la
garantie décennale.
Mais dans ce cas, l’assureur
est à la fois «
juge et partie »
car il devra défendre
à la fois le constructeur
et son client.
Si
vous faites construire
en tant que personne morale
(société),
la loi 78.12 du 4 janv
1978 vous impose de contracter
une assurance dommage
ouvrage. Des sanctions
pénales sont prévues
en cas de manquement à
cette obligation.