TVA
à 5,5%
Deux
textes, un décret
(n°2006-1002 du 10 août)
et une instruction fiscale
(3 C-7-06) parue en décembre
dernier, explicitent le
dispositif de la TVA à
5,5% s'appliquant aux travaux
d'amélioration, de
transformation, d'aménagement
et d'entretien portant sur
des locaux à usage
d'habitation achevés
depuis plus de deux ans.
Pour
quels types de logements
?
Individuels ou collectifs,
occupés ou vacants,
les logements doivent obligatoirement
être achevés
depuis plus de deux ans,
et servir principalement
à l'habitation, en
résidence principale
ou secondaire.
Au
niveau des dépendances,
divers cas de figures :
- Les dépendances
usuelles, même si
elles ne sont pas contiguës
à une habitation,
peuvent être considérées
comme lui étant rattachées
en raison de leur proximité
par rapport à celle-ci,
de leur aménagement,
de leur destination, de
leur usage effectif : grenier,
cave, débarras, loggia,
garage privatif attenant
ou non à l'habitation
mais utilisé en aucun
cas à titre professionnel
et bâtiments agricoles
tels que granges.
- En revanche, les dépendances
particulières des
châteaux comme un
pigeonnier ou une chapelle
ne rentrent pas dans le
champ d'application de la
TVA à taux réduit.
Dans
les immeubles collectifs,
outre les parties privatives,
les parties communes peuvent
aussi bénéficier
de cette faveur, sous réserve
que l'immeuble compte plus
de 50% de locaux à
usage d'habitation. Ainsi,
dans un petit immeuble qui
compte plus de 50% de locaux
loués à des
cabinets d'architecte, d'assurance,
médicaux... Les travaux
exercés dans les
parties communes ne peuvent
prétendre à
la TVA réduite.
Pour
quels types de travaux ?
Le décret et l'instruction
fiscale apportent une clarification
entre les travaux qui relèvent
de l'amélioration
et donc éligibles
à la TVA à
5,5% et ceux qui aboutissent
à une réhabilitation
équivalente à
la construction d'un logement
neuf.
Désormais
relèvent de la TVA
à 5,5% les travaux
qui préservent au
moins la moitié d'un
des lots du gros œuvre
ou un tiers des six lots
de second œuvre.
A
contrario, dès l'instant
ou l'un des lots du gros
œuvre est modifié
à plus de 50% ou
que l'intégralité
des six lots du second œuvre
est modifié à
plus des deux tiers, c'est
la TVA à 19,6% qui
s'applique.
Au
niveau du gros œuvre,
les postes passés
au crible sont les fondations,
les éléments
qui déterminent la
résistance et la
rigidité de l'ouvrage
comme les murs porteurs,
les dalles porteuses ou
la charpente et les façades
(hors ravalement) : ainsi,
il suffit qu'un des éléments
hors fondation soit refait
à plus de la moitié
pour que la TVA à
5,5% ne puisse jouer et
ce même si les autres
composantes ne sont pas
affectées par les
travaux. Reste donc à
bien déterminer ce
fameux seuil des 50%. En
général, d'après
l'instruction fiscale, «
ce seuil est apprécié
selon un critère
physique objectif approprié
tel la surface, le linéaire,
le volume ou en valeur si
ce critère parait
plus adapté au lot
affecté par les travaux
».
Pour les façades,
par exemple, la proportion
de moitié peut s'apprécier
en considérant le
rapport entre la surface
des éléments
de façades complètement
remplacés et la surface
totale des façades
du bâtiment à
l'issue des travaux. Pour
d'autres postes comme les
fondations, le calcul s'avère
nettement plus complexe
et moins lisible.
Concernant
le second œuvre, six
éléments techniques
ont été retenus
:
- les planchers non porteurs,
c'est-à-dire ne déterminant
pas la résistance
ou la rigidité de
l'ouvrage,
- les huisseries extérieures,
- les cloisons intérieures,
- les installations sanitaires
et de plomberies,
- les installations de chauffage
(en métropole uniquement).
Pour
que les travaux soient éligibles
à la TVA à
5,5%, l'instruction indique
qu'il suffit qu'ils ne rendent
pas à l'état
neuf plus des deux tiers
de chacun des éléments.
Ce qui signifie, en clair,
qu'il suffit qu'un des six
lots soit refait au tiers
pour que les autres puissent
être rénovés
dans leur intégralité.
Par exemple, un propriétaire
voulant rénover une
vieille ferme peut envisager
de faire toute l'électricité,
la plomberie, le chauffage
et les huisseries.... Pour
être dans la légalité,
il devra seulement sacrifier
en partie un lot : ainsi
au lieu de remplacer neuf
fenêtres, il n'en
changera que 3.
Sous
réserve de respecter,
cette règle, les
travaux pouvant être
pris en compte sont larges
Travaux d'amélioration
: remise aux normes de l'installation
électrique, réfection
ou installation d'un chauffage
central en maison individuelle
ou à l'intérieur
d'un appartement, remplacement
des menuiseries extérieures,
réalisation de l'installation
thermique et phonique, raccordement
au tout à l'égout
pour la partie privative,
installation d'une pompe
à chaleur, installation
d'un ascenseur spécialement
conçu pour personne
handicapée, installation
de récupérateur
des eaux pluviales...
Travaux
de transformation : aménagement
d'un grenier ou d'un comble
en chambre à condition
de ne pas augmenter la surface
existante de plus de 10%,
création d'une cuisine
à condition qu'elle
soit fixée au bâti,
installation de cloisons,
ouverture dans le mur pour
installer une fenêtre
ou une porte, fermeture
d'un balcon ou d'une loggia
dès l'instant où
les travaux ne conduisent
pas à une augmentation
de plus de 10% de la surface
existante, création
d'un mur de clôture
à l'exception des
haies vives sous réserve
que la maison ait été
édifiée depuis
plus de deux ans...
Travaux
de gros entretien comme
un ravalement, la réfection
d'une toiture, l'étanchéité
d'une toiture-terrasse,
dépigeonnage d'un
toit ou de fenêtres
et de petit entretien comme
la pose de papier peint,
les travaux de peinture,
le changement de moquette,
de parquet ou de volets...
En
revanche, les travaux d'aménagement
et d'entretien d'espaces
verts et d'installations
sportives (piscines, tennis),
les saunas, spas, jacuzzis
ainsi que les chaudières
pour immeubles collectifs
et les ascenseurs (sauf
pour personnes handicapées)
n'entrent pas dans le champ
d'application de la TVA
à 5,5%.
Quelle
attestation remplir ?
Tout d'abord, pour que le
client, propriétaire
occupant ou bailleur, locataire,
syndicat des copropriétaires,
puisse bénéficier
du taux réduit de
TVA, les travaux doivent
impérativement être
réalisés par
une entreprise. Ensuite,
il doit remplir une attestation
: simplifiée si aucun
élément de
gros œuvre n'est touché
et normale le cas échéant.
Cette attestation doit être
remise au prestataire effectuant
les travaux, avant leur
commencement ou au plus
tard avant la facturation.
Lorsqu'il existe divers
corps de métier,
un original de l'attestation
doit être remis à
chacun d'eux. La copie de
l'attestation ainsi que
les factures doivent être
gardées jusqu'au
31 décembre de la
cinquième année
suivant leur réalisation.
En cas d'attestation erronée,
le client comme l'entreprise
sont solidairement tenu
au paiement du complément
de taxe provenant de la
différence entre
le montant de la taxe due
à 19,6% et celui
effectivement payé
à 5,5%.
Deux
textes, un décret
(n°2006-1002 du 10 août)
et une instruction fiscale
(3 C-7-06) parue en décembre
dernier, explicitent le
dispositif de la TVA à
5,5% s'appliquant aux travaux
d'amélioration, de
transformation, d'aménagement
et d'entretien portant sur
des locaux à usage
d'habitation achevés
depuis plus de deux ans.